Track en 4x4 sur Fraser Island

Fraser Island, la plus grande ile de sable du monde nous a accueilli le temps d'un track en 4x4 pendant 3 jours. Mettez vos ceintures et n'oubliez pas l'insecticide.


Une île à protéger
Après avoir passé une courte nuit au backpack, nous nous levons à 6 h 30. Tout juste le temps de déguster les pancakes fait maison, rendre nos draps et de se brosser les dents que nous retrouvons les 48 autres voyageurs pour un dernier briefing où l'on nous explique les règles de l'ile. Un long chapitre sur la faune et la flore, extrêmement protégées puisque faisant partie du patrimoine mondial. Nous devons prendre garde à notre nourriture et ne surtout pas nourrir les dingos, lézards et autres oiseaux qui y prolifèrent. Il est aussi très fortement déconseillé de se baigner. Si l'on prend le risque, il y a le choix entre les piqures de méduses, les attaques de requins et les courants qui pourraient nous amener jusqu'à 50 kms de là. Le briefing se poursuit sur toutes les règles de conduite en 4x4. Vitesse limitée à 60 kms suite à quelques accidents, interdiction de rouler dans la mer, sur l'île comme ailleurs, on roule à gauche, etc. J'avoue qu'après plusieurs heures de briefing (dont un la veille aussi), j'avais vraiment l'impression de partir à l'aventure.


Première conduite sur les pistes de sable fin
Les groupes désignés la veille se reforment pour monter dans le 4x4 qui nous est attribué. Il faut dire que l'on aurait pu tomber plus mal puisque 8 filles nous accompagnent dans notre groupe. Juste pour Pierre et moi. Plutôt sympa. Aux environs de 10 h du matin nous voilà complètement autonomes sur Fraser Island. Cinq 4x4 tracent la piste de sable fin jusqu'au premier stop. Étant le premier conducteur je ne fais pas le malin. La prise en main du véhicule n'est pas évidente, ca chasse un peu lorsque le sable est mou, il faut prendre soin d'éviter les trous qui secouent tout le monde à l'arrière, se remémorer les consignes de sécurité et surtout veiller à ce que le véhicule ne se renverse pas. 10 personnes plus le matériel de camping et la nourriture ca pèse lourd et le déséquilibre est vite arrivé. Mais après quelques kilomètres je réalise et savoure enfin. Je suis en train de conduire un 4x4 sur une plage interminable de sable blanc avec le bush à ma gauche, l'océan à ma droite le tout à l'autre bout du monde. C'est vraiment très excitant. Les baffles crachent l'album de Beat Torrent. Nous voilà parti pour trois jours mémorables.




Le Lac Mac Kenzie, un lac saphir au milieu de nul part.
Nous nous embouchons rapidement dans les chemins plus sinueux du centre de l'Ile. La végétation est dense, le sable aussi. On se croirait vraiment au milieu de la jungle. D'ailleurs nous y sommes. La conduite est plus difficile, je roule plus lentement mais j'ai vraiment l'impression de faire du 4x4. Une voiture ne serait jamais passée par les chemins que nous empruntons. C'est beaucoup trop sableux. L'un des 4x4 du groupe réussira même à s'embourber un peu plus tard. Après deux bonnes heures de conduite nous arrivons enfin à la première étape de Fraser Island : le Lac Mac Kenzie. Nous en avions beaucoup entendu parlé par les gens qui avaient fait Fraser avant nous. Il faut dire qu'il y a de quoi. Le lac couvre 150 hectares et c'est le plus gros de l'Ile. Mais avant tout c'est le dégradé de bleu de l'eau qui est fantastique. Il passe en une vingtaine de mètres du blanc (du sable) au bleu très clair jusqu'au bleu très foncé. L'eau est cristalline. En m'y baignant j'ai l'impression d'être dans un grand bain. L'eau est pure, transparente. Nous en profitons pour faire plus ample connaissance avec les filles de notre 4x4. Une espagnole, une allemande, deux hollandaises, deux québécoises et deux anglaises. Je joue au morpion sous l'eau, sur le sable tellement l'eau est clair. Nous y passons une bonne partie de l'après-midi. Dur d'en repartir. Pierre prend le volant pour aller rejoindre notre premier campement où nous passerons la nuit. Nous rencontrons les premiers dingos de l'aventure. Les premiers "Dingo Go Home !" retentissent, s'en suivent des éclats de rires. Je pense que ca doit être la phrase récurrente sur Fraser Island. C'est un délire collectif mais on doit être nombreux à l'avoir. La soirée s'entame tranquillement. Les tentes sont montées derrière une dune, les voitures garées en sorte d'éclairer avec les phares à la nuit tombante. Les premières bières s'ouvrent, les cubis de goon aussi. La soirée s'annonce bien.



Le temps s'arrête
La deuxième journée est un peu similaire. Balade sur la plage, tracks sinueux qui nous mènent jusqu'au Lac Wabby. Après une bonne heure de marche à essayer d'éviter les araignées et les moustiques nous découvrons un lac vert émeraude qui se trouve au bas d'une dune aussi grande que celle du Pylat. Un peu de pluie ne gâche pas le décor : poissons chat, tortue et autres petits poissons peuplent ce lac hors du commun. Chacun partage sa soirée de la veille. On observe tout de même une petite séparation entre les anglophones et les autres. Il est plus abordable pour nous par exemple de discuter avec les latins qu'avec des anglais pure souche. Mais cela n'empêche pas d'échanger quelques blagues non plus. L'ambiance est de toute façon détendue. Nous sommes tous dans la vingtaine, tous dans le même état d'esprit. La journée se déroule tranquillement jusqu'à ce que nous nous rendions à Mahenno, la seule épave de Fraser Island. Dieu sait pourquoi ils l'ont conservé mais c'est assez sympa d'approcher une aussi grosse épave. Je n'en avais jamais vu de telle même en Bretagne. Je retrouve ma casquette sur la tête d'un hollandais. Il l'a lui même retrouvé au pied d'Indian Head, sur la plage, à l 'autre bout de là où je l'avais perdu la veille au soir. Les 50 que nous sommes se regroupent pour un nouveau soir près de l'épave, à l'abri du vent.




Les mouches, la plaie de l'île
A l'abri du vent mais pas des mouches. Différentes de celles que nous avons pu croiser en Nouvelle-Zélande, cette nouvelle espèce de mouche est aussi grosse que la première phalange de mon pouce. Comme sa cousine du Pacifique celle-ci pique aussi. On pourrait presque dire qu'elle mort vu les boutons que cela fait ensuite. Les moustiques sont définitivement des petits joueurs. L'avantage de celle-ci c'est simplement qu'elle est tellement grosse qu'il est difficile de ne pas la voir. Tout le monde bouge pour chasser ces mouches, les filles hurlent par moment. Heureusement Bushman était là ! Comme on nous avait prévenu, nous avions amené de l'anti-moustique et autres bestioles du genre. Finalement il n'évite pas les piqures mais les réduit. Et franchement vu comment certains ont été piqué, c'est déjà pas mal.



Oasis d'eau fine et rafraîchissante
Lors de la dernière journée, nous trouvons une petite crique d'eau transparente avec les palmiers qui la bordent. On se baigne pour enlever un peu le sable, omniprésent sur l'ile, et se rafraîchir. Pendant que les filles de notre groupe en profitent pour parfaire leur bronzage, j'expérimente la conduite un peu plus "4x4" que jusqu'à lors. Je traverse une rivière, remonte sur une dune à 40° d'inclinaison prends un peu d'accélération et remonte une autre dune. Vraiment excellent. Un peu de fun en plus ne fait pas de mal ! Impossible de faire autrement car nous ne pouvions avancer trop vite à cause d'une hystérique dans la voiture qui à chaque virage stressait que le véhicule ne se renverse. Un peu frustrés sur la fin mais cela nous a aussi sûrement évité de faire trop de bêtises avec le 4x4. Comme nos potes catalans qui se sont pris 1 500 $ d'amende pour avoir tiré l'un deux sur un bodyboard dans l'eau avec le 4x4.




Destination incontournable !
Nous n'aurons pas fait le tour entier de l'ile, ni vu tout ce que je pensais voir mais c'est très bien comme cela. Le rythme était parfait, nous n'étions pas tout le temps en train de bouger et personne n'était là pour faire le rabat-joie au niveau du timming à respecter etc. Nous nous gérions nous même et cela s'est fait dans de bonnes conditions. Le sable et les mouches auront été nos ennemis mais ne gâcherons pas le souvenir de notre aventure 4x4 sur Fraser Island qui restera comme l'un des meilleurs en Australie. Pour ceux qui préparent leur voyage : prévoyez le dans votre liste des choses à faire en Australie.

2 Responses
  1. Pauline Says:

    Waw, sacré périple encore une fois !
    J'ai pas bien compris le passage où tu joues avec tes morpions sous l'eau Arnaud ! Mouahahahahaha :-D


  2. Arnaud Joly Says:

    Ah ah merci Pau pour ce commentaire mais j'en attendais pas moins de ta part :)


Enregistrer un commentaire